Les Cases de Santé sont-elles viables ?
L’insuffisance des recettes publiques ne permet pas toujours à l’état sénégalais d’assurer l’équilibre financier des structures de soins et spécifiquement des Cases de Santé. De plus , les solutions mises en place pour résoudre ce problème de viabilité ne sont pas satisfaisantes :
Les Comités de Santé
Les responsables des Comités de Santé sont des bénévoles ; leur assiduité est aléatoire, la comptabilité et la rémunération des ASC aussi.
Si les ASC encaissent le prix des consultations et de la vente des médicaments durant 6 mois sans que ces sommes ne soient collectées par le Comité de Santé, il est bien évident qu’ils sont tentés de dépenser la totalité des recettes sans attendre que la comptabilité soit faite et leur rémunération établie.
A contrario, si les ASC n’encaissent que le prix des consultations, ils devront attendre plusieurs mois que les comptes soient faits durant avant de toucher un maigre salaire.
Dans les deux cas, les relations entre le Comité de Santé et les ASC sont difficiles.
La participation des habitants
Les villages s’engagent à soutenir les personnes désignées comme A S C. Ce soutien comprend :
|
|
- Une participation financière des habitants pour aider l’ASC à subvenir à ses besoins lorsqu’il est en formation
- Une participation financière annuelle plus modique lorsque l’ASC est en activité
- Une participation humaine sous forme de main d’œuvre aidant l’ASC à cultiver ses terres.
Ces soutiens ne sont pas toujours effectifs en ce qui concerne les deux derniers points.
Pour information, dans la communauté rurale de Kafountine, le revenu moyen d’un ASC sur la terre ferme est de 10 000 francs CFA (15 €) et de 5 000 francs CFA (8 €) dans les petits villages des îles. Pour mémoire, le Salaire de base en Casamance est de 30 000 francs FCFA (46 €) à 40 000 francs CFA (61€). Les ASC s’absentent donc souvent pour aller travailler ou désertent même complètement les cases de santé.
De nombreux conflits peuvent surgir entre la population et l’ASC à ce sujet.
Cette problématique est particulièrement aiguë dans les petits villages. Une des solutions consiste à proposer à l’ASC une activité complémentaire qui ne l’oblige pas à quitter le village.
La vente de médicaments issus de dons permet aussi de générer des revenus qui contribuent à la rémunération de l’ASC. |