Le système de santé au Sénégal.

Le système de santé au Sénégal théoriquement hérité de la structure coloniale fonctionne comme un système pyramidal :
• Hôpital Régional : fonctionne comme un CHR français. Il en existe un dans chacune des dix régions du Sénégal
• Hôpital de District : Il en existe un pour 200 000 habitants. On y pratique peu de chirurgie ou d’obstétrique. On trouve un médecin-chef administrateur, des infirmiers diplômés d’état qui assurent les consultations, et une pharmacie de district ou se réapprovisionnent tous les infirmiers chefs de poste, sauf rupture de stock.
• Poste de Santé ou Dispensaire : pratique les soins de santé primaire il en existe un pour 10 000 habitants.
Un infirmier chef de poste assure tout le travail 7 jours sur 7, assisté d’une ou plusieurs matrones et d’Agents de Santé Communautaires (ASC)
• Cases de Santé : Ces ASC travaillent dans des Cases de Santé situées dans un rayon de 20 à 30 km autour du dispensaire dont elles dépendent.Ils pratiquent les soins de première urgence et délivrent les médicaments essentiels « medess » définis par l’Initiative de Bamako (médicaments types dont la distribution est préconisée en Afrique de l’Ouest par l'Organisation Mondiale de la Santé).
Les Cases de Santé sont gérées par des Comités de Santé villageois qui collectent les revenus des consultations et qui rémunèrent les ASC et achètent les médicaments. Ces Comités de Santé ont le plus souvent une structure de G I E (Groupement d’Intérêt Economique), structure de type coopératif très utilisée en Afrique de l'Ouest, tant pour les activités économiques que pour les activités d'intérêt général.

Hyacinthe DIASSY est responsable
de la pharmacie de Boune.
La Maternité d'Ebinako.
Pierre Amara SAMBOU, agent de santé communautaire de Boune.

Le tarif de la consultation est de 100 francs CFA (0,15 €) pour les enfants et de 200 francs CFA (0,30 €) pour les adultes.
Les médicaments sont payés en plus.
Cet argent doit être comptabilisé en fin de journée par le trésorier du Comité de Santé.
L’ASC perçoit 40 % sur les consultations et 10% sur la vente des médicaments.
En fin de mois, le Comité de Santé paye l’ASC et reconstitue par des achats le stock de médicaments.
La même démarche est appliquée aux Postes de Santé, où seul l’infirmier chef de poste est payé par l’état, les matrones et les ASC étant payés par le Comité de Santé. Il est à noter que dans les villages peu importants, les matrones reçoivent un dédommagement (souvent en nature) mais ne sont pas payées.


Les Cases de Santé sont-elles viables ?

L’insuffisance des recettes publiques ne permet pas toujours à l’état sénégalais d’assurer l’équilibre financier des structures de soins et spécifiquement des Cases de Santé. De plus , les solutions mises en place pour résoudre ce problème de viabilité ne sont pas satisfaisantes :

Les Comités de Santé
Les responsables des Comités de Santé sont des bénévoles ; leur assiduité est aléatoire, la comptabilité et la rémunération des ASC aussi.
Si les ASC encaissent le prix des consultations et de la vente des médicaments durant 6 mois sans que ces sommes ne soient collectées par le Comité de Santé, il est bien évident qu’ils sont tentés de dépenser la totalité des recettes sans attendre que la comptabilité soit faite et leur rémunération établie.
A contrario, si les ASC n’encaissent que le prix des consultations, ils devront attendre plusieurs mois que les comptes soient faits durant avant de toucher un maigre salaire.
Dans les deux cas, les relations entre le Comité de Santé et les ASC sont difficiles.
La participation des habitants
Les villages s’engagent à soutenir les personnes désignées comme A S C. Ce soutien comprend :

 


- Une participation financière des habitants pour aider l’ASC à subvenir à ses besoins lorsqu’il est en formation
- Une participation financière annuelle plus modique lorsque l’ASC est en activité
- Une participation humaine sous forme de main d’œuvre aidant l’ASC à cultiver ses terres.
Ces soutiens ne sont pas toujours effectifs en ce qui concerne les deux derniers points.
Pour information, dans la communauté rurale de Kafountine, le revenu moyen d’un ASC sur la terre ferme est de 10 000 francs CFA (15 €) et de 5 000 francs CFA (8 €) dans les petits villages des îles. Pour mémoire, le Salaire de base en Casamance est de 30 000 francs FCFA (46 €) à 40 000 francs CFA (61€). Les ASC s’absentent donc souvent pour aller travailler ou désertent même complètement les cases de santé.
De nombreux conflits peuvent surgir entre la population et l’ASC à ce sujet.

Cette problématique est particulièrement aiguë dans les petits villages. Une des solutions consiste à proposer à l’ASC une activité complémentaire qui ne l’oblige pas à quitter le village.
La vente de médicaments issus de dons permet aussi de générer des revenus qui contribuent à la rémunération de l’ASC.


Association Kafo'Saze - 2 ter, rue de Provence - 30650 Saze - France
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